Histoire

Communauté protestante libérale

de Liège Marcellis

Une communauté ouverte, tolérante,

conviviale, dynamique,

en recherche.

Évangile et Liberté

 

 

Par souci de vérité et de fidélité au message évangélique,

Refusant tout système autoritaire, nous affirmons :

 

  • La primauté de la foi sur les doctrines,

 

  • La vocation de l’homme et de la femme à la liberté,

 

  • La constante nécessité d’une critique réformatrice,

 

  • La valeur relative des institutions ecclésiastiques,

 

  • Notre désir de réaliser une active fraternité entre les hommes qui sont tous, sans distinction, enfants de Dieu et frères et sœurs en humanité.

UN PEU D'HISTOIRE

 

 

A la suite de l'Arrêté Royal du 4 mars 1817, l'aumônier militaire H. L. HOFFMAN établit à Liège un consistoire qui fut reconnu par le Commissaire général chargé des affaires de l'Eglise Réformée à Bruxelles le 19 juillet 1817.

 

Les cultes avaient lieu dans la chapelle Sainte-Agathe, rue Saint-Laurent, et dans une salle rue Saint-Séverin, puis à partir du 15 avril 1819, dans une chapelle des Ursulines, rue Hors-Château. L'Eglise s'était choisie comme emblème un jeune arbre avec cette devise du Prince Maurice de Nassau, le fils de Taciturne : "Tandem fit surculus arbor" (Matthieu XIII, 31-32).

 

En 1819 succéda au Pasteur HOFFMAN le Pasteur R.A. CHEVALLIER, qui inaugura le temple de Hors-Château, puis le 13 avril 1823 Matthys Andries van der BANK, qui installa l'Eglise civile le 27 février 1825, la communauté comptant alors 80 personnes plus les militaires. Le culte est alors célébré alternativement en français et en néerlandais.

 

Le dernier pasteur sous le régime hollandais fut J. D. COCHERET de la MORINIERE venu de l'Eglise wallonne de Bois-le-Duc et installé le 7 octobre 1827. Il quitta l'Eglise en 1830 lors du départ de la garnison hollandaise. Parmi les personnalités marquantes de la communauté, signalons John COCKERILL, qui se rattacha à l'Eglise de Liège et la soutint ainsi que son école par des dons généreux. En 1835, il fut élu ancien pour un triennat, et accéda à la vice-présidence du consistoire l'année suivante.

 

La vie de l'Eglise au XIXème siècle :

 

A la suite des événements de 1830, la communauté se trouva sans pasteur et dans une situation financière difficile. Un énergique membre du consistoire, Isaac Auguste LVNEN, se chargea de maintenir le culte, en lisant ou en faisant lire chaque dimanche un sermon aux protestants réunis dans le temple, en attendant qu'un nouveau pasteur puisse reprendre la tâche. Cet état de choses dura deux ans.

 

Lors de la visite du roi LEOPOLD Ier à Liège, le consistoire fut reçu en audience par le souverain, et celui-ci, en plus d'un don personnel, donna des instructions pour que le traitement pastoral soit rétabli.

 

En 1832, Auguste RICHARD, originaire d'Alsace, fut élu pasteur et resta dix ans dans la Cité Ardente. Sous son impulsion, la communauté se réorganisa solidement. Les cultes avaient lieu alternativement en français et en allemand, car un groupe important de coreligionnaires d'Outre-Rhin s'était joint à l'Eglise. Des cultes en langue anglaise avaient également lieu pour les résidents britanniques qui étaient nombreux. Une école primaire protestante avait été également fondée. Elle se maintiendra pendant une trentaine d'années.

 

Le Pasteur A. RICHARD peut être considéré comme le fondateur du Synode de l'Eglise Evangélique Protestante de Belgique, car c'est grâce à son action que celui-ci put se réunir pour la première fois à Bruxelles le 23 avril 1839.

 

En 1842, le Pasteur RICHARD fut appelé à l'Eglise de Dresde, et son successeur, le Pasteur BOISSARD, ne resta que quatre ans à Liège.

 

Le ministère du Pasteur Georges PRADEZ, originaire du canton de Vaud, fut un des plus longs que l'Eglise ait connu: de 1846 à Î886. Sous ce ministère, le culte en français se célébrait tous les dimanches tandis que le culte en allemand continuait à être célébrer tous les quinze jours.

 

Lorsque l'école primaire protestante fut supprimée, l'Eglise fonda, afin de poursuivre l'enseignement religieux auprès des enfants, l'école du dimanche, qui se réunissait après le culte.

 

Du président du tribunal au ministre :

 

En 1886, le Pasteur PRADEZ prit sa retraite et se fixa en Suisse. Son successeur, le Pasteur Christian SCHRUMPF, originaire d'Alsace, ne resta que jusqu'en 1891.

 

C'est alors que débuta le ministère le plus long de l'histoire de l'Eglise de Liège, celui du Pasteur Arnold REY, né à Milan le 1er décembre 1867, de nationalité suisse, mais qui reprit la nationalité française en 1886, en tant que descendant de réfugiés huguenots qui s'étaient fixés à Genève lors de la révocation de l'Edit de Nantes.

 

En 1895, un poste de second pasteur, pour la section de langue allemande, fut créé, mais pendant la guerre de 1914-1918, le pasteur devint aumônier de l'armée allemande, et ce poste fut supprimé après l'armistice.

 

Au moment où le siècle se termine, arrêtons-nous pour jeter un coup d'oeil sur le registre des services funèbres : Pierre NEEF, ancien Président du Tribunal et membre de l'Etat provincial (1845), Dr Théodore PROSCH (1848), Sarah baronne de DOUGLAS (1852), Charles DILLNOTT HILL, Pr anglican (1854), James HODSON, Ingénieur (1859), André Joseph KAIBEL, Directeur des Postes (1862), Général Charles TlMMERHANS, Directeur de la manufacture d'armes (1865), Antoine PONSON, Professeur à l'Université (1866), Henri ALEXANDER, Directeur de la Société Saint-Léonard (1867), Bernard SCHMITZ, Directeur des charbonnages d'Ougrée (1874), Emile baron de HEUSCH (1876), Jean-Pierre Voss, Directeur de la manufacture d'armes (1885), Gustave PASTOR, Directeur de Cockerill (1890), le Ministre Walthère FRERE-ORBAN (1896).

 

Le pasteur REY, un grand ministère :

 

L'Eglise de Liège à l'aube du XXème siècle continue à affermir sa vie spirituelle dans son vieux temple de la rue Hors-Château, sous la direction du Pasteur Arnold REY pour sa section de langue française, et du Pasteur F. LANGENSIEPEN pour sa section de langue allemande. Ce dernier quittera Liège en octobre 1902 et aura comme successeur, d'abord le Pasteur THOMAS, puis du 1er mai 1903 à 1918 le Pasteur W. KREMER.

 

Lors de son arrivée à Liège en 1891, le Pasteur A. REY était à l'avant-garde de la pensée libérale et pendant les premières années de son ministère il s'attacha surtout à défendre les convictions qui lui étaient chères au sein de son Eglise ; mais au lendemain de la première guerre mondiale, il fut amené à tourner ses efforts vers les libres penseurs. Dans divers cercles, il se préoccupa surtout de montrer aux agnostiques tout ce que l'idée religieuse a de riche et de bienfaisant. Ainsi, aux croyants il prêcha une foi élargie, aux incroyants il montra ce que la pensée religieuse recèle de réalité spirituelle.

 

A côté de son activité pastorale concrétisée par son action au sein de l'Eglise de Liège, de ses œuvres comme la solidarité et de ses publications de sermons et d'articles dans de nombreux journaux protestants, le Pasteur A. REY se dépensait dans des activités annexes, comme l'aumônerie des prisons, les cours de religion dans les écoles de l'Etat et le comité de la clinique protestante Bethscda de Liège.

 

Hors de la Cité Ardente, son action était particulièrement orientée vers les conférences du protestantisme libéral à Gand et à Bruxelles et vers la recherche historique, dont quelques travaux furent publiés par la Société d'Histoire du Protestantisme Belge, dont il avait été un des fondateurs en 1904.

 

Après la guerre de 1914-1918, le Pasteur A. REY fut nommé trésorier du Synode de l'Eglise Evangélique Protestante de Belgique, et en 1932, lors de la retraite du Pasteur Paul RocHEDlEU, il accéda à la présidence, charge qu'il garda jusqu'à sa retraite en 1938.

 

En dehors du protestantisme, le Pasteur A. REY était un orateur très écouté: il fut un des organisateurs du congrès d'histoire des religions, réuni à bruxelles en 1922, et il milita au sein de la ligue antialcoolique.

 

Le Pasteur Arnold REY était admirablement secondé par sa femme, née Hélène GERARD, d'une vieille famille liégeoise. Elle s'occupait tout particulièrement des œuvres féminines, comme La Marguerite, union chrétienne de jeunes filles, des réunions de couture, des fancy-fairs et des fêtes de Noël.

 

La première guerre mondiale allait durement frapper l'Eglise de Liège : dès le 6 août 1914, un de ses membres, le Commandant Charles MARCHAND offrait le sacrifice de sa vie en défendant l'Etat-Major du Général LEMAN attaqué par un groupe d'Allemands qui avait pu s'infiltrer dans la position défensive de Liège. Citons encore le jeune artilleur de 20 ans, Robert DEMARET, qui fut enseveli sous le fort de Loncin le 15 août 1914, lors de l'explosion qui le détruisit.

 

Au Quai Marcellis :

 

La guerre terminée, une nouvelle tâche attendait le Pasteur REY: édifier un nouveau temple. Celui de Hors-Château était devenu si vétusté que la ville en 1925 avait décidé de le faire abattre. Plusieurs années furent nécessaires pour régler les questions administratives, acheter un terrain et dresser les plans d'une nouvelle église. MM. Georges APPIA, architecte à Paris, et John SOUBRE, ingénieur à Liège, présentèrent un projet qui fut adopté, et le 15 avril 1931 les travaux purent commencer sur le terrain du quai Marcellis. Le 26 juillet de la même année eut lieu la pose de la première pierre qui fut scellée par Madame REY, et à la fin du mois d'octobre 1932 le vieux temple de Hors-Château fut désaffecté. L'inauguration officielle du nouveau temple eut lieu le 22 novembre 1932 par les soins du Pasteur Paul ROCHEDIEU au cours de la session du Synode.

 

La façade montre au rez-de-chaussée la grande porte d'entrée avec à droite la fenêtre du consistoire et à gauche celle de la loge du concierge; au premier, les fenêtres des salles de réunion; au-dessus, le nom de l'Eglise avec les deux dates 1817-1932 ; enfin, au sommet du pignon, un ange montrant les cieux, copie de celui qui surmonte la flèche gothique élevée sur la tombe du Ministre Walthère FRERE-ORBAN par l'architecte Charles SOUBRE.

 

La salle de culte, de 21 m sur 11 m, présente à droite et à gauche des colonnades supportant le jubé des orgues et les galeries latérales. Au bout des galeries, la salle s'élargit par un transept au centre duquel se trouve la table de communion. Dans l'abside se trouve la chaire surmontée de l'inscription : «Dieu est esprit et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité" (Jean IV, 24).

 

Depuis la fin de la guerre, le Pasteur A. REY présidait seul aux destinées de la communauté, lorsqu'en juillet 1935 un Arrêté Royal accorda à l'Eglise de Liège une charge de pasteur auxiliaire. Le 11 novembre de la même année, le Pasteur Maurice DESCAMPS était installé dans cette charge, qu'il quittera en 1938 pour répondre à l'appel de l'Eglise de Courcelles.

 

La même année, le Pasteur A. REY déposait sa charge après 47 ans de ministère et s'apprêtait à jouir d'une retraite paisible et hautement méritée, quand la guerre vint tragiquement mettre fin à sa vie. Il était parti avec sa femme en évacuation quand le train dans lequel ils étaient montés fut, près d'Arras, pris dans un intense bombardement, le 19 mai 1940. Il y a tout lieu de croire que Madame REY fut tuée sur le coup, tandis que son mari, gravement blessé, décéda à l'hôpital d'Arras le 23 mai à l'âge de 72 ans.

 

Seul ou en équipe :

 

Nommé le 1er juin 1939, le Pasteur Walther MARICHAL allait avoir besoin de toute sa foi, de son énergie et de sa poigne pour maintenir l'Eglise pendant les dures années de la deuxième guerre mondiale et son cortège de malheurs: deuils, restrictions, occupation, bombardements par les VI et les V2. A la libération, le Pasteur W. MARICHAL fut mobilisé en tant qu'aumônier militaire et quelques mois après la fin de la guerre, il démissionna pour se consacrer entièrement à la prédication de l'Evangile parmi les soldats.

 

Son successeur, le Pasteur Enée MAHIEU, quoique la guerre fut finie, n'eut pas la lâche moins dure. L'Eglise devait se faire à la nouvelle situation de l'après-guerre, beaucoup de choses devaient être réédifîées. Avec courage, malgré les difficultés et des embûches, le Pasteur MAHIEU s'y dévoua pendant cinq années, avant de répondre à l'appel de la communauté-sœur de Verviers, où il exerça quelques années le ministère avant d'assumer la lourde responsabilité et la tâche absorbante d'inspecteur des cours de religion protestante.

 

Après ces deux jeunes pasteurs belges, l'Eglise fut confiée aux soins du Pasteur Robert OSTERMANN de Genève, déjà à la retraite. Doué d'une grande vitalité, il allait passer six ans dans la communauté, aidé des pasteurs auxiliaires Rodolphe KOUSBROECK, Raymond LANTER et Jean DE JONGE. A l'âge de 75 ans, le Pasteur OSTERMANN se retira, laissant l'Eglise entre les mains du Pasteur Alexandre BERTHOUD, ancien missionnaire et pasteur en Afrique du Sud.

 

Le Pasteur BERTHOUD se dépensa sans compter, non seulement pour l'Eglise de Liège, mais aussi pour l'organisation et la direction d'un centre de formation pour la préparation des maîtres de religion dans les écoles primaires. Sa santé ébranlée par les années d'Afrique ne put tenir le rythme que son énergie lui imposait, et après trois ans de travail forcené, il dut s'aliter et mourut le 28 février 1962.

 

Après un intérim assuré par l'aumônier Marc MICHOTTE et le Pasteur auxiliaire Daniel BERDITCHEVSKY, le signataire de ces lignes se vit confier la direction de l'Eglise ; mais deux ans et demi plus tard, il se voyait appelé à se consacrer entièrement à l'enseignement et à la recherche historique.

 

Avant de clôturer ce rapide survol de l'histoire de l'Eglise de Liège, je glane quelques noms qui figurent dans le registre des services funèbres : Georges FRERE-ORBAN, Conseiller à la Cour d'Appel (1900), Prosper DRION, Directeur de l'Académie (1906), Victor CHAUVIN, Professeur à l'Université de Liège (1913), Charles Sou-BRE, Architecte (1915), Paul PELTZER, Conseiller provincial (1920), Léo GERARD, ancien Bourgmestre (1922), Eugène comte GOBLET d'ALVlELA, Professeur à l'Université de Bruxelles (1925), Emile TRASENSTER, Professeur à l'Université de Liège (1927), Victor RADOUX, auteur wallon (1930), Ivan CHARLIER, ancien Consul Général (1933), Dr Simon FREDERICQ (1934), Arthur de SENARCLENS, Professeur à l'Université de Liège (1935), Paul GREINER, Ingénieur (1937), Ernest MAHAIM, Professeur à l'Université de Liège et Président du B.I.T. (1938), Simon RADOUX, auteur wallon (1939), Willy COUTURIER, Sous-lieutenant aviateur tombé au champ d'honneur (1940), Violette BOST, décédée en déportation à Ravensbriick (1945), Le Pr André DETRAUX (1962) et le Dr René LEDENT (1964).

 

Source :

E.M. Braekman, Histoire de l'Eglise protestante de Liège,

Ed. ASBL Les Amis de l'Eglise protestante de Liège-Marcellis, 1993.

 

 

De 1967 à nos jours :

 

Vingt-cinq années se sont écoulées depuis que la paroisse commémora, le 16 avril 1967, le 150ème anniversaire de sa naissance. Depuis, cinq pasteurs en ont assuré la conduite spirituelle: les Pasteurs Rodolphe KOUSBROECK (Consulent de 1967 à 1968), Charles LEJEUNE (1968 à 1976), Serge GREK (1976 à 1983), Cédric JUVET (1983 à 1988) et Roger DEWANDELER (de 1989 à 1998), Jacques HOSTETTER (dec. 1999 à sept. 2016) et Judith VAN VOOREN (en poste depuis septembre 2017) aidés dans leur ministère par les pasteurs auxiliaires et à charges spéciales Roger GRAFFART, R. CRASSAERTS, Daniel BERDITCHEVSKY et Freddy VANWEDDINGEN et Cécile BINET.

 

Parmi les événements majeurs qui marquèrent cette période, citons seulement :

 

- La fusion, en 1969, entre l'Eglise Protestante Evangélique (à laquelle appartenait la paroisse) et la Conférence Méthodiste, pour former l'Eglise Protestante de Belgique.

 

- Une seconde fusion eut lieu en 1978 entre l'Eglise Protestante de Belgique, l'Eglise Réformée de Belgique et le Kring België van de Gereformeerde Kerken, pour donner naissance à l'Eglise Protestante Unie de Belgique, de laquelle est membre actuellement la paroisse de Liège-Marcellis.

 

- Enfin, en 1985, onze paroisses de l'agglomération liégeoise, dont celle de Marcellis, organisèrent une exposition sur la Bible qui eut un grand retentissement dans toute la région.